« Être libre, cela signifie à mes yeux être libre de tout sentiment de détresse, de la colère et du désespoir. […] Il vous faut pratiquer la pleine conscience, afin de transmuter l’énergie du désespoir et réaliser de cette façon-là la liberté que vous méritez. »
— Thich Nhat Hanh
Dans une famille, il est fréquent de vivre des moments intenses : disputes, malentendus, fatigues cumulées, frustrations silencieuses. Face à tout cela, nous pouvons être tentés de réagir rapidement, ou au contraire, de nous replier dans le silence.
Et pourtant, la vraie liberté ne dépend pas des circonstances extérieures. Elle ne dépend pas de la perfection du couple, du calme des enfants ou de l’ordre dans la maison. Elle dépend de notre capacité à reconnaître et transformer nos états intérieurs.
Être libre, c’est pouvoir choisir sa réponse
Thich Nhat Hanh nous rappelle que la liberté véritable est une liberté intérieure. Elle ne consiste pas à fuir ses responsabilités ou à éviter les situations difficiles. Elle naît quand nous ne sommes plus esclaves de notre colère, de notre détresse, ou de notre désespoir.
Cela ne veut pas dire qu’on ne ressentira plus jamais ces émotions — elles font partie de l’expérience humaine. Mais cela signifie que nous pouvons apprendre à ne pas les laisser gouverner nos paroles, nos gestes, notre regard.
Et cela s’apprend.
La pleine conscience, une clé pour transformer l’énergie
Dans les moments où la colère monte, où la lassitude devient accablante ou une petite voix nous murmure que « tout est trop », la pratique de la pleine conscience devient un refuge, un espace de transformation.
Pratiquer la pleine conscience, c’est :
- Respirer consciemment pour se relier à l’instant présent.
- Nommer intérieurement ce que l’on ressent : « Je reconnais qu’il y a de la colère en moi ».
- Accueillir cette émotion, comme une partie de nous qui a besoin d’attention, de tendresse.
- L’embrasser avec douceur, comme une mère prend dans ses bras un enfant en larmes.
- Puis, doucement, s’appuyer sur une autre énergie pour rétablir l’équilibre intérieur.
Et cette autre énergie, c’est souvent la joie.
La joie et le jeu comme alliés de la transformation
Une fois l’émotion reconnue et accueillie, nous pouvons tourner notre regard vers ce qui nous allège : un sourire, une fleur, une chanson, une petite danse improvisée dans la cuisine, un jeu partagé. Ces instants nous aident à ne pas nous laisser engloutir. Ils sont des portes vers la légèreté, vers l’espace intérieur retrouvé.
L’esprit d’enfance, dans sa plus noble acception — celui qui sait s’émerveiller, jouer, rire, sauter dans une flaque ou fabriquer un déguisement avec une serviette — est souvent la réponse aux chagrins petits ou gros de la vie familiale.
Et nos enfants sont nos maîtres dans cet art.
Nous croyons souvent devoir tout leur transmettre. Mais si nous savons les regarder avec un cœur disponible, nous voyons qu’ils sont aussi là pour nous réapprendre à vivre.
À redevenir souples, créatifs, à sortir des ornières de l’habitude, à nous rappeler qu’on peut être sérieux dans notre pratique sans jamais cesser de jouer.
En famille, une culture de la liberté intérieure
Quand chaque membre de la famille apprend à reconnaître ses émotions sans s’y identifier, un nouveau climat émerge. Un climat où les tensions ne sont plus des ennemies, mais des occasions de croissance et d’écoute. Un climat où l’on respire, on rit, on s’embrasse, on apprend ensemble.
Quelques pistes concrètes à pratiquer ensemble :
- Créer un coin de calme dans la maison, pour s’y réfugier et respirer.
- Introduire une cloche de pleine conscience pour revenir à soi.
- Mettre en place des temps de jeu collectif après une tempête émotionnelle.
- Cultiver les rituels simples de joie : une chanson du matin, un câlin dans le lit, une grimace à table.
- Se dire chaque soir une chose qui a fait du bien dans la journée.
Offrir à nos enfants un modèle de liberté vivante
Nous ne pouvons pas éviter à nos enfants toutes les douleurs ou les conflits. Mais nous pouvons leur transmettre une manière de les traverser, avec conscience, avec tendresse, avec cette paix intérieure qui transforme la vie.


