« Nous avons tous, parents et enfants, la possibilité de pratiquer ensemble et de guérir l’enfant blessé qui vit encore en nous et en nos enfants. Il n’y a pas de temps à perdre, c’est une sorte d’urgence… »
— Thich Nhat Hanh, Prendre soin de l’enfant intérieur, p.90
Ces mots nous touchent droit au cœur. Ils nous rappellent une vérité essentielle : notre paix intérieure est un cadeau que nous pouvons offrir à nos enfants, bien plus précieux que n’importe quel héritage matériel.
Dans notre monde moderne, les rythmes effrénés, les tensions familiales et les blessures anciennes peuvent parfois obscurcir la qualité de présence que nous offrons à nos enfants. Pourtant, il n’est jamais trop tard pour choisir de vivre autrement. La pleine conscience, transmise avec douceur, patience et engagement, peut devenir une pratique familiale, une respiration collective, un chemin de guérison.
Une transmission vivante
Thich Nhat Hanh nous le rappelle : nous sommes nos enfants. Ils héritent de notre ADN, mais aussi de nos élans de joie, de nos peurs, de nos colères tues, de nos silences. Ce que nous portons en nous, nous le leur transmettons, parfois sans le vouloir, souvent sans le savoir.
Mais ce legs peut devenir conscient et lumineux. En choisissant de prendre soin de notre propre enfant intérieur — cet être fragile, parfois blessé, peut-être encore en attente d’amour et de reconnaissance —, nous libérons aussi nos enfants de la charge inconsciente qu’ils pourraient porter à notre place. Pratiquer ensemble, dans une sangha familiale, c’est guérir dans les deux sens du fil générationnel : vers le passé et vers l’avenir.
La sangha des familles : un terreau de paix
C’est dans cet esprit qu’est née la Sangha des familles : créer un espace simple, bienveillant et régulier où enfants et adultes peuvent respirer, ralentir, écouter, partager, méditer, s’amuser, jouer.
Il ne s’agit pas d’ajouter une injonction de plus au « faire ensemble », mais d’ouvrir une qualité de présence nouvelle. Une méditation assise ou une tasse de thé en silence deviennent des gestes d’amour. Une étreinte consciente, un cercle de parole, un moment de service vécu en paix, prennent racine dans une vision : nous semons les graines du bonheur dans le cœur des enfants.
(« Semer les graines du bonheur dans le cœur des enfants » est le titre d’un ouvrage très riche, qui propose de nombreuses pistes d’activité de Pleine Conscience à faire avec nos enfants)
Un héritage de compassion
Offrir la paix à nos enfants, ce n’est pas les préserver de toute douleur. C’est leur transmettre des racines profondes et des outils intérieurs, pour qu’ils puissent faire face à la vie avec courage, douceur, clarté. C’est leur enseigner que prendre soin de leurs émotions, écouter leur cœur et cultiver la paix autour d’eux sont des actes puissants, porteurs de transformation.
Chaque moment partagé dans la sangha devient ainsi une offrande de présence, un entraînement joyeux à la liberté intérieure.
Ensemble
En marchant ensemble sur ce chemin de pleine conscience, nous tissons un lien nouveau entre nous et nos enfants. Nous n’avons pas besoin d’être des parents parfaits ou des enfants modèles. Nous avons seulement besoin d’être là, sincèrement, pleinement, avec le désir d’aimer mieux, de guérir ce qui peut l’être, et de grandir ensemble.
En cela, la sangha des familles est un acte d’amour transgénérationnel. Elle trace une voie vers la compréhension mutuelle, la compassion, la paix — pour nos enfants, leurs enfants, et tous ceux qui viendront.


